On dit souvent que l’Algérie est pays principalement gazier, que nous apprend précisément le dernier bulletin annuel statistiques 2020 du GECF à ce sujet? Celui-ci couvre les principaux indicateurs du gaz naturel des 10 dernières années et donne aussi un détail mensuel pour l’année 2019 pour l’ensemble des pays adhérents au GECF. Cet article viendra en complément à celui du rapport des perspectives du GECF sur les 30 prochaines années. Nous resituerons la place de l’Algérie dans ce marché dans le mix énergétique mondial. Il y a lieu de se poser la question de la situation exact du pays vis à vis de cette manne ou devrions-nous dire cette rente précaire.
Chiffres principaux du GECF

Source-https://www.gecf.org
Dans ce premier tableau, on peut constater que les « Réserves de gaz naturel prouvées » des pays du GECF représente 70 ans de la « Production brute de gaz naturel » au rythme de 2019. La « Production commercialisée » quant à elle ne représente que 80% de cette dernière. Une partie des gaz (hors les pertes, le torché, etc..) est ré-injectée dans des puits pétroliers. La grande majorité est consommée dans le pays de gaz naturel à près de 65%. Enfin, l’exportation se fait à 68% par pipeline. Donc le gaz est un marché très régionalisé. Ce que nous confirme le tableau suivant:

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Comme nous le verrons plus loin, le différentiel entre la production brut et la production commercialisable, se partage entre la ré-injection des puits (notamment pétrolier), le « torchage », les pertes et les extractions des liquides et condensats.

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Au rythme actuel de la production et des réserves prouvées à ce jour, l’Algérie a encore, seulement 25 ans de gaz naturel. Dont plus de 52% consacré à la consommation interne. On le verra plus loin, cette tendance va en augmentant. 60% des exportations passent par les pipelines. Leurs débouchés sont principalement européens. Cependant l’Algérie c’est dotée d’une flotte de méthaniers afin d’élargir son marché.

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Sur ce graphique, seuls pour l’Algérie et l’Égypte, les exportations ne couvrent pas les importations. Ce qui n’est pas le cas des autres pays exportateurs de gaz.

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Des pays comme l’Iran ou l’Égypte consomment pratiquement toute leurs production commercialisable. L’Algérie est à part égale. Cependant avec l’Iran (Nigeria et Venezuela dans une moindre mesure) elle ré-injecte un delta significatif (Production brute – Production commercialisable) dans les puits pétroliers. Cela peut avoir deux raisons: une déplétion géologique avancée (pétrolier) ou des moyens d’exploitations pétrolier obsolescents (manques d’investissements). La nécessité de maintenir la pression des puits pétroliers conclue à une « subvention » du pétrole par le gaz.
Population et population active
La structure démographique implique les attentes qu’ont les pays GECF vis à vis des ressources fossiles. Une démographie croissante signifie une consommation croissante et des exportations décroissants. La part de la population active, détermine la part de la richesse qui sera tirée du travail ou de la rente. Inutile de compter sur une productivité pour une population jeune. Les attentes de la rente s’en d’autant plus fort que la part de la population inactive est grande.

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La population active comprend les personnes âgées de 15 ans et plus qui fournissent de la main-d’œuvre pour la production de biens et de services pendant une période déterminée. Il comprend les personnes qui ont actuellement un emploi et les personnes au chômage mais à la recherche d’un emploi ainsi que les demandeurs d’emploi pour la première fois. Cependant, tous ceux qui travaillent ne sont pas inclus. Les travailleurs non rémunérés, les travailleurs familiaux et les étudiants sont souvent omis, et certains pays ne comptent pas les membres des forces armées.
Ce tableau récapitulatif, nous montre clairement l’extrême augmentation de la population (des pays du GECF) et de son décrochage par rapport à la population active. L’Algérie a cru de 21% en 10 ans mais sa population active de seulement 11%. Le rapport démographique pèse dans la répartition du PIB. Ce décrochage est pour l’ensemble des producteurs de gaz comme le montre le graphe ci-dessous.

PIB
Le PIB est la somme de la valeur ajoutée brute de tous les producteurs résidents de l’économie plus les taxes sur les produits et moins les subventions non incluses dans la valeur des produits. Les données sont en dollars américains courants. Les chiffres en dollars du PIB sont convertis à partir des monnaies nationales en utilisant les taux de change officiels d’une seule année.
Quant au Taux de croissance annuel en pourcentage du PIB aux prix du marché est basé sur la monnaie locale constante. Les agrégats sont basés sur le dollar américain constant de 2010.

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La chute du PIB à partir de 2014 est directement liée à celui des prix des hydrocarbures. Cette chute représente 30% (PIB par habitant) entre l’année la plus haute (2012) et 2019. Rien qu’on comparant cette dernière année avec la moyenne des 9 années précédente, c’est pas moins de 17% de perte de richesse. Certes le taux de croissance de la population est de 2% en moyenne par an. La population est augmenté de 16% entre 2012 et 2019. La part du gâteau rétrécit.
Exportations et importations de biens et services

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Inflation

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Indicateurs énergétiques
Il est important de connaitre la part de l’énergie dans la création d’une richesse. Pour cela le GECF publie deux indicateurs clé. L’intensité énergétique et la consommation de pétrole par habitant.

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Le rapport entre l’offre d’énergie et le produit intérieur brut mesuré à de la parité de pouvoir d’achat. L’intensité énergétique est une indication de la quantité d’énergie utilisée pour produire une unité de production économique. Un rapport inférieur indique que moins d’énergie est utilisée pour produire une unité de sortie.

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L’utilisation de l’énergie primaire, avant la transformation en d’autres carburants finaux, équivaut à la production locale plus les importations et les variations des stocks, moins les exportations et les carburants fournis aux navires et aéronefs effectuant des transports internationaux. Elle est un indicateur de l’empreinte carbone intérieure.

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Pour rappel: Les Standard m3 sont exprimés à une pression de 1 bar et à 20°C. Par contre les Normo m3 sont exprimés à une pression de 1 bar et à 0°C.

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Données macroéconomiques de l’Algérie

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Réserves et Production

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- Production brut: Production de gaz naturel associé et non associé humide ou sec à l’intérieur des limites, y compris les champs off et on-shore. Le gaz naturel associé est le gaz naturel produit en association avec du pétrole brut. Le gaz naturel non associé est du gaz naturel provenant de champs produisant des hydrocarbures uniquement sous forme gazeuse
- Production commercialisable: Production brute moins réinjection, torchage (Flaring), retrait (Shrinkage) et autres pertes. Cette production est disponible pour être commercialisée sur le marché local ou pour être exportée. Elle varie de 44% (2010) à 51% (2019).
- Réinjection: Volume de gaz traité par les usines de traitement de gaz non associées et les activités des champs, retourné à la formation souterraine pour améliorer le taux de récupération. Elle varie de 46% (2010) à 34% (2019).
- Flaring (torchage): Volume de gaz torché ou évacué.Elle varie de 3% (2010) à 2% (2019).
- Shrinkage : Réduction du volume du gaz naturel humide en raison de l’extraction de certains de ses constituants tels que les produits d’hydrocarbures liquides et d’autres.Elle varie de 6% (2010) à 12% (2019).
- Autres pertes: Désigne la quantité de gaz directement utilisée par les installations en amont au niveau du périmètre du champ. 1% (2019).
Consommation intérieure et commerce

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Transport et usines

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